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Frais de notaire d'une succession : le calcul réel

Mis à jour le

« Les frais de notaire » d’une succession, c’est en réalité trois choses très différentes que presque tout le monde mélange : la rémunération du notaire, qui est tarifée par l’État et donc calculable au centime, l’impôt sur l’héritage, qui n’a rien à voir, et les frais avancés pour votre compte. Le simulateur ci-dessous ne calcule que la première, acte par acte, avec le barème en vigueur.

Estimez les frais de notaire d’une succession

Barème réglementé en vigueur, acte par acte. Ce sont les émoluments du notaire, pas les droits de succession, qui sont un impôt distinct.

1. La succession

Brut, c’est-à-dire sans déduire les dettes. Les émoluments se calculent sur l’actif brut, contrairement aux droits de succession qui portent sur l’actif net.

2. L’immobilier

S’il y a de l’immobilier, l’attestation de propriété est obligatoire et doit être publiée dans les 4 mois.

3. Qui hérite

Ce lien détermine le seuil de dispense de déclaration de succession : 50 000 € en ligne directe, 3 000 € sinon.

4. Actes optionnels

Le partage n’est pas obligatoire : il sert à sortir de l’indivision. C’est de loin l’acte le plus cher, ne le cochez que s’il est prévu.
La remise est facultative et ne peut porter que sur la part d’émolument assise au-delà de 100 000 €. La plupart des offices ne la pratiquent pas en succession. Demandez avant de la supposer.
Émoluments du notaire, TTC
… €
Renseignez l’actif brut de la succession.

Estimation des seuls émoluments réglementés du notaire (tarif du code de commerce, France métropolitaine, TVA à 20 %). Elle n’inclut ni les droits de succession, qui sont un impôt calculé sur l’actif net après abattements, ni les débours et frais de formalités, non réglementés, qui représentent en pratique quelques centaines d’euros de plus. Les honoraires libres éventuels (conseil, négociation) en sont également exclus. Faites établir un devis par votre notaire.

Trois choses à ne pas confondre

C’est la confusion la plus répandue, et elle fausse toutes les estimations trouvées en ligne. Quand on parle de frais de notaire, on additionne en réalité trois postes qui n’ont ni la même nature, ni la même assiette, ni le même bénéficiaire.

PosteNaturePour quiCalculé sur
ÉmolumentsRémunération tarifée par l’ÉtatLe notaireL’actif brut, sans déduire les dettes
Droits de successionImpôtLe Trésor publicL’actif net, après abattements
DéboursFrais avancés pour vousDes tiers (cadastre, publicité foncière)Non réglementés, variables

Retenez surtout ceci : les émoluments se calculent sur l’actif brut, les droits de succession sur l’actif net après abattements. Deux assiettes différentes, deux logiques différentes. Notre simulateur ci-dessus ne calcule que les émoluments. Pour l’impôt, utilisez notre simulateur de droits de succession.

Les actes et leur tarif

Le notaire n’est pas payé pour « la succession » en bloc, mais acte par acte, selon un tarif fixé par le code de commerce. Ce tarif est inchangé depuis mars 2020 et a été reconduit à l’identique jusqu’au 29 février 2028. Deux actes sont au forfait, les autres à un pourcentage dégressif par tranches.

ActeTarif hors taxesObligatoire ?
Acte de notoriété56,60 € forfaitairesEn pratique oui, pour prouver votre qualité d’héritier
Inventaire75,46 € forfaitairesNon, sauf cas particuliers
Attestation de propriété immobilièreDe 1,935 % à 0,532 % par tranchesOui, dès qu’il y a un bien immobilier
Déclaration de successionDe 1,548 % à 0,426 % par tranchesOui, sauf dispense selon le montant
PartageDe 4,837 % à 0,998 % par tranchesNon, seulement pour sortir de l’indivision

Les pourcentages s’appliquent par tranches successives, comme l’impôt sur le revenu : le premier taux ne frappe que les premiers 6 500 €, pas la totalité. C’est pourquoi le taux réel baisse à mesure que la succession grossit.

Sur quoi le pourcentage s’applique

Chaque acte a sa propre assiette, et c’est là que les estimations en ligne se trompent le plus souvent.

  • L’attestation de propriété se calcule sur la seule valeur des biens immobiliers, pas sur toute la succession.
  • La déclaration de succession se calcule sur l’actif brut total. Et pour un défunt marié sous un régime de communauté, l’assiette comprend la totalité des biens communs, y compris la part qui revient au conjoint survivant. C’est une particularité méconnue qui augmente sensiblement la note. En séparation de biens, seuls les biens du défunt comptent.
  • Le partage se calcule sur l’actif brut, déduction faite des seuls legs particuliers.

Un garde-fou existe pour les petits biens : les émoluments liés à la mutation d’un bien immobilier ne peuvent pas dépasser 10 % de sa valeur, avec un minimum de 90 €. Utile pour un garage ou une parcelle.

Quand la déclaration n’est pas obligatoire

La déclaration de succession se dépose en principe dans les six mois du décès. Mais elle n’est pas due dans deux cas, et cela supprime purement et simplement cette ligne de la facture.

  • Actif brut inférieur à 50 000 € quand les héritiers sont les enfants, les parents, le conjoint survivant ou le partenaire de PACS. Attention à la condition : il ne faut pas avoir reçu antérieurement du défunt une donation ou un don manuel non enregistré ou non déclaré. Un don familial oublié fait tomber la dispense.
  • Actif brut inférieur à 3 000 € pour toute autre personne.

Le partage, l’acte qui coûte cher

C’est le poste qui peut doubler la note, et c’est aussi le seul vraiment évitable. Le partage sert à sortir de l’indivision, c’est-à-dire à attribuer concrètement les biens à chacun. Il n’est pas obligatoire : tant que les héritiers s’entendent, ils peuvent rester en indivision.

Son tarif démarre à 4,837 % sur la première tranche, soit deux fois et demie celui de l’attestation de propriété. Sur une succession de 300 000 €, le partage seul représente près de 3 500 € hors taxes, davantage que tous les autres actes réunis. Avant de le demander, mesurez ce qu’il vous apporte : l’indivision a ses inconvénients, mais elle est gratuite.

La remise que vous pouvez demander

Peu de gens le savent : le notaire peut consentir une remise, plafonnée à 20 %, mais uniquement sur la part d’émolument correspondant aux tranches au-delà de 100 000 €. En dessous de ce seuil, aucune remise n’est possible.

Cette remise est facultative, et surtout elle n’est pas négociable au cas par cas : quand un office décide de la pratiquer, il doit l’appliquer à tous ses clients pour la même catégorie d’actes, l’afficher dans ses locaux et la publier sur son site. Vous ne négociez donc pas, vous vérifiez. Posez la question, et comparez les offices si l’enjeu est important.

Les erreurs qui font gonfler la note

  • Croire que les droits de succession sont des frais de notaire. L’impôt part au Trésor public, pas au notaire, et se calcule sur une autre assiette.
  • Demander un partage par réflexe alors que l’indivision convient, au moins dans un premier temps.
  • Oublier la règle des biens communs quand le défunt était marié : l’assiette de la déclaration inclut la part du conjoint.
  • Ignorer la dispense de déclaration sous 50 000 € en ligne directe.
  • Ne pas demander si l’office pratique une remise quand la succession dépasse largement 100 000 €.
  • Confondre émoluments et honoraires libres. Le conseil, la négociation immobilière ou une mission particulière se facturent en plus, librement, et doivent faire l’objet d’une convention écrite.

Chiffrez avant de décider

Sur une succession ou une donation, plusieurs milliers d’euros se jouent sur un choix technique : démembrement, étalement sur quinze ans, choix du conjoint survivant. Estimez d’abord, vous saurez quoi demander au notaire.

Pour la démarche elle-même, allez à la source : notaires.fr.

Information générale, jamais un conseil personnalisé. Nous ne vendons rien, et nous ne classons aucun assureur.

Questions fréquentes

Quels sont les frais de notaire pour une succession ?
Le notaire est rémunéré acte par acte, selon un tarif réglementé : 56,60 € pour l’acte de notoriété, puis un pourcentage dégressif par tranches pour l’attestation de propriété immobilière (1,935 % à 0,532 %) et la déclaration de succession (1,548 % à 0,426 %). S’y ajoutent la TVA à 20 %, et des débours variables.
Les droits de succession sont-ils compris dans les frais de notaire ?
Non. Les droits de succession sont un impôt versé au Trésor public, calculé sur l’actif net après abattements. Les émoluments du notaire sont sa rémunération, calculée sur l’actif brut. Ce sont deux montants totalement distincts.
Peut-on éviter les frais de partage ?
Oui. Le partage n’est pas obligatoire : il sert à sortir de l’indivision. Tant que les héritiers s’entendent pour rester en indivision, cet acte, le plus cher de tous, n’est pas nécessaire.
Quand est-on dispensé de déclaration de succession ?
Quand l’actif brut est inférieur à 50 000 € et que les héritiers sont en ligne directe, conjoint ou partenaire de PACS, à condition de n’avoir reçu aucune donation ou don manuel non déclaré du défunt. Le seuil tombe à 3 000 € pour les autres héritiers.
Peut-on négocier les frais de notaire d'une succession ?
Pas librement : le tarif est fixé par l’État. Une remise de 20 % maximum est possible, mais seulement sur la part d’émolument assise au-delà de 100 000 €, et l’office qui la pratique doit l’appliquer à tous ses clients de la même façon.
Les frais sont-ils les mêmes s'il n'y a pas d'immobilier ?
Non, ils sont nettement plus faibles. L’attestation de propriété immobilière, qui est un des postes les plus lourds, n’est due que s’il existe un bien immobilier dans la succession.

Sources officielles

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